Voilà déjà 1 an que j’ai décidé de me lancer professionnellement en tant que photographe ! Après avoir lu l’article de Faustine Gauchet, j’ai eu envie d’ajouter aussi ma pierre à l’édifice pour parler sans complexe de la “réalité du terrain”. Je vois et connais beaucoup de photographes qui se lancent ou désirent se lancer en tant que photographe animalier. Je pense sincèrement que c’est une très bonne chose car c’est une branche de la photographie qui est assez peu représentée. Mais il faut quand même rester lucide sur les difficultés et le parcours semé d’embûches qu’on s’apprête à emprunter !

Avant de commencer, ceci est un bilan de mon parcours. Il y a autant de parcours que de photographes ! Je vais te dévoiler mon chiffre d’affaire (tu vas voir que ça va pas bien haut :D) pour démystifier ce qui se cacher derrière des forfaits qui peuvent paraître “chers” pour certains clients.

Petite remise dans le contexte

Avant de commencer, je replace le contexte.

Je suis pharmacienne de diplôme (oui, absolument rien à voir avec la choucroute !) et je travaille dans l’industrie pharmaceutique depuis 2018. En 2018, j’ai rencontré énormément de monde via la photographie, j’ai participé à des rencontres modèles/photographes, etc.

En novembre 2018, on a accueilli notre premier chien, Lugia. Ni une ni deux, je passe mon temps à le prendre en photo et j’adore ça ! C’est le déclic pour me dire que je veux me spécialiser dans le portrait animalier. D’autant que je suis amoureuse des animaux depuis toujours !

A ce moment-là, je commence à être frustrée avec mon matériel et à vouloir tout changer, sauf que les prix font très très mal… Le constat est fait, je veux monter ma microentreprise en tant que photographe pour m’éclater les week-end et pouvoir engranger un peu d’argent dédiée à ma passion et investir dans du nouveau matériel.

Seulement, un premier problème se pose ! Mon contrat de travail stipule que j’ai l’interdiction d’avoir une activité secondaire… Je prends rendez-vous avec la DRH en janvier 2019 pour amender mon contrat. Je lui explique que je veux monter ma micro-entreprise pour faire de la photo sur mon temps libre. Et puis je la relance, encore, encore et encore…

Jusqu’à ce que j’en ai marre et je décide alors en mai 2019 de me lancer, un peu sur un coup de tête. Je fais les démarches en ligne avec un petit tuto bien dégotté sur Google et hop, quelques jours plus tard je reçois mon SIRET !

De l’excitation au désenchantement

Alors je dois être honnête avec moi-même : je me suis lancée vraiment COMPLETEMENT à l’arrache ! Je n’avais ni site internet, ni tarifs prévus, ni logiciel de facturation, ni même réfléchi à comment j’allais m’organiser pour mes séances. Bref, tout s’est fait sur le tas !

Être photographe portraitiste – Sarah Tailleur

Heureusement, je connaissais des amis photographes qui s’étaient lancés et qui m’ont pas mal aidée. En parallèle, j’ai lu le livre Être photographe portraitiste de Sarah Tailleur qui est une vraie mine d’or pour se poser les bonnes questions quand on se lance !

Mon premier été, je n’ai réalisé que 2 séances photo payantes : une séance de portrait pour des retrouvailles entre amies, et une séance pour un EVJF. Je suis passée pour ces deux séances par un site de prestation photo (Photopresta).

Je recommande ce type de plateforme quand tu débutes. Ça permet de te faire connaître et de décrocher facilement tes premiers contrats sans te soucier du paiement ou des contrats car tout est fait via la plateforme. Ça marche très bien pour la photographie sociale mais très peu pour l’animalier ! C’est une prestation peu demandée et recherchée. L’inconvénient sur ces plateformes est que le client paye beaucoup plus cher que ce qui tombe réellement dans ta poche et il faut quand même l’avoir en tête quand on rencontre ses clients…

Jusqu’à novembre 2019, j’enchaîne les collaborations pour étoffer mon portfolio. Je sens que mon style s’affirme. Je ne fais aucune publicité pour le moment car mon employeur ne m’a toujours pas autorisée officiellement à monter mon entreprise malgré mes relances et je ne veux pas avoir d’ennuis si quelqu’un tombe sur une carte de visite ou une brochure…

Ce n’est qu’en novembre 2019 que je reçois EN-FIN la “bénédiction” de mon employeur et que je lance la machine marketing.

Le long chemin vers la reconnaissance

C’est à partir de novembre 2019, que je commence réellement à m’investir dans mon entreprise. Je créé ma page Facebook, je relance mon blog, je fais faire des cartes de visite que je dépose chez les vétérinaires, animaleries et commerces autour de chez moi, je relance à fond mon compte Instagram en essayant de diversifier les prises de vue.

Mais toujours rien ! Aucune demande ! C’est une période de gros doutes. Je me dis que mes photos plaisent pas, que c’était une erreur de me lancer, …

C’est en Janvier 2020 que je reçois ma première vraie demande de shooting pour un chien ! Hallelujah ! La séance s’est merveilleusement bien passée, j’étais à l’aise, et ça a été une très belle rencontre.

En Février, on organise notre première rencontre pour une journée de photographie Canine avec Alex. Cette journée a été longue et difficile à organiser mais quel souvenir ! 20 photographes de tout niveau, un vidéaste et plus de 30 chiens étaient présents à cette journée. De belles rencontres et même quelques vocations créées. C’était une telle fierté pour nous d’avoir réussi cette journée !

A côté, je reçois quelques autres demandes de shooting payantes, mais la plupart ont dû être annulées à cause du confinement. Le confinement m’a permis de mettre à jour mon site internet et de revoir mes tarifs pour y intégrer des tirages papier.

En mai 2020, je lance ma première publicité Facebook pour organiser un concours et faire gagner des séances photos pour fêter les 1 an de ma microentreprise. Je sens que j’en suis encore qu’au tout tout début ! Mais la machine est bien lancée, je commence à avoir de plus en plus de demandes et ça me reboost à fond !

Je mets toujours de côté pour investir dans du nouveau matériel. J’ai déjà remplacé mon dinosaure d’ordinateur (et ça c’était pas du luxe !) pour 1500€. Et je participerai cette année à un Workshop avec Audrey Bellot et je serai présente au Salon de la Photo à Paris (pourvu qu’il soit maintenu !).

Conclusion

En conclusion, j’en suis à un chiffre d’affaire de 540,95€ sur 5 mois (soit 108€/mois avec 2 mois sans activité). Ce chiffre n’est pas ce que j’ai obtenu dans ma poche mais le chiffre d’affaire. Il faut y déduire mes charges (frais de transport, coût des tirages, taxes). C’est donc très peu !

Alors certes, j’ai un emploi à temps plein bien payé à côté donc ce n’est pas une nécessité pour moi de développer cette activité à fond et ce n’est pas non plus un objectif personnel. J’aimerais plutôt m’orienter vers la formation plutôt que la prestation. Je veux que la photographie reste une passion, un loisir, et non pas un gagne-pain qui doit me stresser voire me dégoûter de la discipline.

Tout ça représente mon petit parcours de jeune photographe. Chaque parcours est différent. Je ne dis pas qu’il faut se lancer corps et âme dans la photographie animalière ni qu’il ne faut pas le faire.

Si ton but est d’en vivre, il faut que tu ais conscience que c’est difficile. Personne n’a “besoin” d’un photographe animalier (contrairement à un photographe de mariage par exemple). Pour en vivre, il faut se démarquer, il faut se faire connaitre. Les gens ne te chercheront pas parce qu’ils auront besoin de toi. Ils tomberont sur toi et tu devras leur faire envie de travailler avec toi.

Une très bonne source pour trouver des clients, c’est les centres équestres, les vétérinaires, les toiletteurs, les haras, les éleveurs, les centres de dressage, les associations animalières, les animalerie, etc. En réalité, il existe plein d’endroits où tu peux déposer ta petite publicité avec un grand sourire et un peu de tact. Tu auras des refus, tu tomberas sur des gens désagréables, tu auras toujours des gens qui croiront pas en toi et qui penseront que tu dépenses de l’énergie pour rien. Mais ne te laisse pas abattre ! Sois inventif, cherche de nouvelles façons de te démarquer, regarde comment font les grands dans le domaine, forme-toi et avance à petits pas.

Si tu es du genre à te laisser abattre pour un petit rien, c’est peut-être que l’entrepreneuriat n’est pas fait pour toi. Pour réussir, il va falloir en vouloir vraiment et avoir l’énergie de défoncer des murs !

Un autre conseil : ne reste pas seul ! Entoure-toi d’autres photographes qui sont déjà bien installés ou qui souhaitent se lancer. A plusieurs, il est plus facile de garder le moral et la motivation. On est tous des confrères et des partenaires. Il s’agit d’un métier déjà suffisamment difficile en soi sans qu’on se tire en plus dans les pattes 🙂

Et puise aussi un peu d’énergie et de motivation auprès de ton entourage. Il y a toujours des hauts et des bas. Des moments où on a la patate et où rien ne peut nous arrêter, et des moments où on remet tout en question. C’est important dans ces moments-là d’avoir des gens qui croient en toi et qui t’aident à franchir ces étapes difficiles.

Est-ce que cet article t’a plu ? Est-ce que tu es déjà professionnel ou est-ce que tu envisages de l’être ? Tu as peut-être d’autres astuces à partager ? D’ici le prochain article, sors ton appareil photo, mets tes loulous à l’honneur et amuse-toi !

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